Voici ma première ébauche de mon dossier professionnel, version électronique. La création de ce blog me permettra de voir ma propre évolution dans un domaine qui me passionne : l’éducation. N’ayant pas encore beaucoup d’expérience dans le merveilleux monde de l’enseignement, je compte vous faire part de ce qui me caractérise en tant que personne et future enseignante au primaire. D’ailleurs, j’ai une grande passion pour les voyages et les découvertes culturelles; je tenterai donc de faire quelques liens dans ce portfolio afin de le mettre à mon image!



Mon dossier contiendra diverses informations sur chacune des 13 compétences d’un bon enseignant. Celles-ci sont aussi importantes les unes que les autres : je les compare souvent à des «morceaux» d’un casse-tête, indispensables pour bien réussir.



De plus, j’intégrerai dans ce dossier mes passions, mes valeurs, mes intérêts, mes opinions et mes réflexions sur différents sujets. Au fil du temps, je risque d’avoir une vision un peu différente par rapport à l’éducation, et de la vie en général. Je vous invite donc à visiter mon site comme bon vous semble et surtout, n’hésitez pas à laisser vos commentaires!



Bon voyage!

Mes compétences professionnelles

30 juin 2010

Analyse réflexive (stage 2)

Dans cette analyse réflexive, il sera question d’une étude de cas concernant un élève de ma classe de stage en maternelle. Évidemment, les noms utilisés sont fictifs afin de préserver la confidentialité de l’enfant et du parent.

Bien que je n’aie pas de cas très graves dans mon groupe, j’ai tout de même quelques enfants qui ont des difficultés d’apprentissage. Dans le cadre de ce travail, j’ai choisi de me renseigner sur la problématique de Stéphanie. Celle-ci est née le 5 septembre 2004 et est la plus jeune des dix-neuf enfants de la classe.

Dès le début, son cas m’a interpellé, car j’ai pu trouver des ressemblances avec ma propre expérience scolaire. En effet, j’ai eu recours à des services en orthophonie et en orthopédagogie pour des raisons semblables. Elle est sociable, douce, persévérante et toujours souriante. La mère, les spécialistes et Chantale, mon enseignante associée, reconnaissent unanimement sa bonne compréhension des consignes, sa motivation vis-à-vis ses apprentissages, ainsi que sa grande amélioration en ce qui a trait à la participation en classe. En effet, elle démontre beaucoup d’intérêt à ce qui lui est demandé; même lorsqu’il s’agit d’activités plus difficiles, elle fournit de très gros efforts. Afin de la connaître davantage, j’ai pris le temps de bien lire son dossier, de discuter avec Chantale, et même, de participer à la révision de son plan d’intervention adapté (P.I.A) le 18 mars dernier. Janine (orthopédagogue), Carole (directrice), Sylvie (mère de Stéphanie), Christine (orthophoniste), Chantale et moi étions tous au rendez-vous.

Stéphanie vit dans un contexte familier particulier : elle a la chance de passer ses fins de semaine avec sa très jeune mère, alors que sa grand-mère s’en occupe tout le restant de la semaine vu l’horaire très chargé de Sylvie. Stéphanie est enfant unique et ne voit plus son père.

Malgré les nombreuses qualités et les capacités de Stéphanie, celle-ci détient de grandes lacunes quant au développement langagier et moteur. Il faut mentionner qu’elle ne parlait pratiquement pas à l’âge de trois ans et que des services privés en orthophonie lui ont été offert très tôt, avant même son entrée au préscolaire. Elle rencontre maintenant l’orthophoniste de l’école une heure par semaine, afin de travailler sa prononciation et ses habiletés d’écoute. Stéphanie a également la chance de travailler avec l’orthopédagogue deux fois par semaine, et ce, pour une durée de trente minutes chaque fois. Elles travaillent ensemble le développement de la conscience phonologique, une des clés de la prévention des troubles de la lecture.

Dans son plan d’intervention, le besoin prioritaire de Stéphanie concerne l’amélioration de son langage expressif. En effet, malgré sa bonne humeur continuelle, Stéphanie parle souvent sur un ton neutre et n’a pas encore acquis des habiletés d’écoute adéquate. Par exemple, il lui arrive souvent de ne pas regarder la personne qui lui parle. Au début de l’année, lorsque l’enseignante parlait au groupe et qu’elle demandait quelque chose, Stéphanie ne se sentait pas concernée étant donné que son nom n’avait pas été clairement évoqué. Sylvie a expliqué que le fait qu’elle habite seulement avec sa fille aurait peut-être provoqué cet inconvénient. En effet, lorsqu’elles avaient quelque chose à se dire, le contact visuel et la mention des noms ne semblaient pas nécessaire étant donné que le message concernait automatiquement la mère ou la fille. De plus, le fait que Stéphanie n’aie jamais été à la garderie l’a certainement empêché de sociabiliser avec plusieurs autres personnes, dont des jeunes de son âge. Pour bien relever ce premier objectif, les partenaires de ce plan s’assurent le plus souvent possible de vérifier l’attention que leur porte Stéphanie, tout en lui demandant continuellement le contact visuel. De plus, lorsque c’est au tour des élèves de travailler, c’est à l’enseignant de vérifier si Stéphanie est à son affaire, et sinon, il faut lui répéter en appliquant le verbe à l’impératif : « Fais-le toi aussi Stéphanie». Le deuxième objectif à travailler avec l’enfant concerne l’enrichissement du vocabulaire et la complexité de la phrase. Au mois de septembre, Stéphanie parlait très peu et utilisait un langage plutôt enfantin. Par exemple, elle pouvait dire : «Veut collation» au lieu de «J’aimerais manger ma collation». Afin d’intervenir efficacement, plusieurs stratégies ont dû être effectuées. Tout d’abord, selon ce que j’ai pu entendre des intervenants, le fait d’ajouter de nouveaux mots dans les conversations est primordial : il ne faut pas utiliser un langage trop simple de peur que l’enfant ne comprenne pas! Au contraire, il faut s’assurer que l’enfant travaille les catégories de mots en utilisant des noms, des pronoms, des verbes et des qualificatifs. De plus, il ne faut en aucun cas négliger la négation (ne […] pas) et la relative (qui, que, etc.) dans les phrases. Finalement, pour vérifier l’attention que Stéphanie accorde aux consignes et sa compréhension de celles-ci, nous devrions lui demander de répéter à l’occasion ce qui a été dit. Par contre, Janine (orthopédagogue) a laissé entendre qu’il ne faut pas toujours «reprendre» les dires de Stéphanie, sinon elle risquerait de se décourager malgré sa persévérance et sa grande docilité. Bien que les deux objectifs principaux concernent la quatrième compétence du programme de l’éducation préscolaire, communiquer en utilisant les ressources de la langue, quelques points également très importants sont à travailler avec elle : la motricité fine (coloriage et découpage), l’organisation afin d’être plus efficace dans les tâches qui lui sont demandées et les stratégies utilisées lors d’une activité plus complexe. De manière générale, Chantale m’a expliqué les diverses interventions qu’elle faisait, outre celles mentionnées plus haut, pour développer ses compétences langagières. Il peut être bénéfique, voire nécessaire, de faire quelques ajustements avec Stéphanie comme : modifier parfois le contenu des tâches, allonger le temps pour compléter la tâche, fournir un support visuel, offrir une routine imagée et écrite et donner une place privilégiée en classe. Finalement, nous réalisons qu’un encadrement plus fermé de la part de l’adulte est nécessaire pour le bon développement de Stéphanie.

Lors de la réunion pour la révision du plan d’intervention, tous les membres ont collaboré afin de vérifier les possibles changements. Dans le cas de Stéphanie, malgré les nombreux efforts déployés, les besoins prioritaires demeurent les mêmes. Il faut tenir compte qu’elle est très jeune mais que, grâce à sa grande volonté, elle serait capable de commencer la première année l’an prochain. De plus, des services en orthopédagogie lui seront offerts. Janine et Carole ont proposé à la mère de Stéphanie d’exploiter davantage les livres et la langue française, et ce, dans n’importe quelles circonstances. Il s’avère fondamentale d’éveiller le plus tôt possible le jeune enfant à la langue écrite et orale avant d’en arriver à un enseignement plus formel. Il se peut que cela ait été négligé auparavant avec Stéphanie, mais il n’est jamais trop tard. J’ai remarqué, durant la rencontre, l’ouverture de la mère face aux suggestions de Chantale et des autres intervenantes; elle sait qu’elles sont là pour aider Stéphanie et elle en est pleinement consciente, ce qui, selon moi, facilite grandement l’échange et l’entraide des deux parties.