Le fonctionnement d’une classe doit être pris au sérieux dès le début de l’année. En fait, c’est surtout à ce moment que l’enseignant doit établir avec les jeunes ce qu’il acceptera ou non comme comportement de la part des jeunes. Des règles de classe devront être respectées, sinon, des conséquences en résulteront. C'est ainsi qu'un établissement scolaire peut parfois être comparé à un microcosme social, car tous doivent apprendre à vivre en société le plus sereinement possible. Évidemment, les jeunes de 5-6 ans proviennent tous de milieux différents et n’ont certainement pas tous appris ou expérimenté les mêmes choses. Je conçois cette période de la vie comme un véritable moment de transition, avant les apprentissages plus formels de la première année.
L’enfant de la maternelle développe, entre autres, des habiletés sociales et des valeurs très importantes telles que l’amitié, le respect, la générosité, le partage, l’empathie et la coopération. Selon la psychologue Pauline Carignan, «pour réaliser son potentiel d'habiletés sociales, l'enfant doit accepter les règles, les valeurs et les conventions imposées par la société en développant son sens de l'autodiscipline et l'intériorisation d'une conscience morale»[1]. Cela dit, l’enfant doit d’abord savoir se contrôler lui-même et reconnaître ce qui est bien et mal s'il veut rendre son intégration plus facile au sein des autres personnes. Par exemple, il est primordial que l’enfant apprenne à mieux gérer ses émotions en cas de conflit : au lieu de se fâcher contre un camarade, il a plutôt intérêt à se retirer ou demander de l’aide à un adulte, pour ensuite pouvoir discuter calmement avec l’ami. Graduellement, l’enseignant du préscolaire doit tenter de conscientiser l’enfant à la réalité qui l’entoure, afin que celui-ci puisse intérioriser les règles sociales et alors devenir plus autonome et consciencieux. Cela débute très tôt avec les règles imposées à l'enfant, autant à la maison qu'à l'école. Bien que celles-ci nous paraissent plutôt évidentes, ce n'est pas toujours le cas pour les jeunes et ceux-ci doivent s’y habituer. En classe maternelle, on retrouve entre autres ces règles de base :
Être gentil avec les amis
Garder le silence lorsque l'enseignante le demande
Ranger le matériel utilisé
Lever la main pour parler ou poser des questions
Personnellement, je crois que la véritable discipline est une façon positive et constructive d'éduquer les enfants; elle n'est nullement synonyme de punition. Taper un enfant, lui faire honte, lui crier après, le critiquer ou l'ignorer sans cesse enseignent à l'enfant la peur de l'adulte. Malheureusement, ce genre de punition peut conduire à la méfiance et au mensonge. Évidemment, ce n’est pas le comportement social à inculquer à l'enfant. Si un enfant dérange et détruit le climat de la classe, il faut que l’enseignant puisse agir rapidement avant que la situation ne s’aggrave. Agir avec fermeté est nécessaire, car l’enfant doit comprendre que la figure d’autorité ce n’est pas lui, mais bien l’enseignant! Si un enfant commet un acte violent envers un camarade, il est évident que l’enseignant se doit d’intervenir pour empêcher le jeune de porter un nouveau coup. Il faut alors être capable de le retenir doucement mais avec fermeté pour éviter qu’il puisse s’échapper. Le meilleur moyen serait de laisser le jeune réfléchir et se calmer, pour ensuite avoir une discussion avec ce dernier.
Finalement, bien qu’un système d’émulation soit souvent efficace pour diminuer les mauvais comportements, il faut aussi savoir doser avec des commentaires positifs et peut-être même des privilèges. En effet, je pense qu'un enfant qui respecte toujours bien les consignes ou qui fait des efforts se doit d’être récompensé. Le fait de se munir d’un système de motivation peut très bien aider les jeunes à mieux se comporter. Par contre, l'enseignant ne devrait pas toujours encourager les mêmes élèves. Il faut aussi, et surtout, pouvoir aller «chercher» les jeunes qui ont plus de difficultés en leur répétant qu’ils en sont capables.
Pour notre stage en maternelle, Laura et moi avons fait un tableau des bons coups. Le fonctionnement est simple : lorsqu’un enfant fait quelque chose de très bien (aider un ami, faire preuve de créativité, rester calme, etc.), il se mérite un collant à la fin de la journée et des applaudissements de toute la classe. Évidemment, les enfants doivent connaître la raison de ce nouvel outil en classe et c'est pourquoi nous leur avons expliqué, dès le début, le fonctionnement de celui-ci et les surprises que cela engendrera à la fin de notre stage avec eux.
[1] Carignan, Pauline. La socialisation de l'enfant, 2004, En ligne : http://www.petitmonde.com/Doc/Article/La_socialisation_de_l_enfant